édito

Gilbert Meyer
Maire de Colmar 
Président de Colmar Agglomération

Le 11 novembre 1918, à 5h15, les généraux allemands et alliés signaient l’Armistice de la « Grande Guerre » dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne. Les armes se taisaient enfin après quatre années d’enfer. Quatre années de souffrances, de deuil, de désolations.

L’Alsace et la Lorraine redevenaient françaises. Colmar retrouvait donc la mère patrie qu’elle avait dû quitter près de 50 ans auparavant, en 1871, suite au traité de Francfort. Ce numéro de « Colmar Mag » n’est qu’un maillon des événements que nous avons souhaité organiser pour commémorer le centenaire de la Grande Guerre … qui devait être « la der des der ». On sait malheureusement ce qu’il en advint.

Commémorer le 11 novembre 1918, c’est accomplir notre devoir de mémoire vis-à-vis de ceux qui nous ont légué les valeurs de courage pour la défense de la nation et de la démocratie, mais aussi celles du pacifisme. Pour les Alsaciens-Mosellans, pour les Colmariens, c’est aussi se souvenir, dans une dimension fraternelle, des quelque 50 000 soldats morts sous l’uniforme allemand.

À Paris, le 11 novembre, le Parlement avait fait un triomphe à Clemenceau, l’homme qui incarna ce jour-là la victoire. Après avoir lu les conditions d’armistice, le « Tigre » s’était adressé aux parlementaires en ces termes : « au nom du peuple français, au nom du gouvernement de la République française, j’adresse le salut de la France une et indivisible à l’Alsace et à la Lorraine ». Seul le temps a pu atténuer les tragiques conséquences de ce qui fut le premier conflit de portée véritablement mondiale du fait de l’engagement de puissances présentes sur plusieurs continents. Mais le devoir de mémoire restera lettre morte tant que perdureront entre les peuples la xénophobie, l’intolérance et les passions nationalistes. La nuit totalitaire nazie qui s’est abattue sur l’Europe de 1939 à 1945 en est l’exemple le plus tragique.

Que l’hommage rendu à nos soldats en cette fin d’année 2018 serve à consolider un monde de paix. Qu’il permette aux jeunes de ne pas oublier. Ce sont eux qui, en mémoire d’aïeux qu’ils n’ont pas connus et qui sont morts dans la fleur de l’âge, devront préserver la vie du monde entier.

Edition #12 -